Les logiciels européens, simples satellites dans l’orbite de la Silicon Valley ⊱ Catherine Bernard

 l’Institut allemand Fraunhofer a réalisé une étude sur la recherche sur les systèmes et l’innovation. «l’analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE» situe les 15 régions européennes les plus importantes en matière logicielle dans une orbite plus ou moins éloignée, selon leurs performances, de l’astre solaire Silicon Valley californienne.

«Bien que plusieurs des clusters européens soient compétitifs à l’échelle internationale sous certains aspects, aucun n’est à même d’égaler la Silicon Valley dans son ensemble.»

1. Premier enseignement: ici, comme en Californie, les entreprises de logiciel aiment à se retrouver en groupes – en clusters.
Même à l’heure de l’immatériel les synergies du monde réel continuent à jouer un rôle important: échanges de savoir-faire, de réseaux, présence d’universités spécialisées et/ou d’une main d’oeuvre bien formée. l’Ile-de-France concentre 81% du chiffre d’affaires de l’industrie logiciel hexagonale et 84% de ses effectifs. 

2. Second enseignement: l’industrie européenne du logiciel est très majoritairement une industrie du B to B.
Avec la montée en puissance de l’informatique en «nuages» (cloud) les entreprises européennes pourraient profiter de leur meilleure image en termes de confidentialité des données pour renforcer leurs positions auprès des administrations et grands comptes européens.

3. Troisième enseignement: l’informatique n’est visiblement pas un truc très latin.
Parmi les 15 clusters repérés par l’étude, trois seulement se trouvent en Europe latine: un en France (Ile-de-France), un en Italie (en Lombardie), et un en Espagne (Madrid). Et ces deux derniers sont loin d’arriver ne serait-ce que dans la troisième orbite de la Silicon Valley.
Le logiciel européen est donc plutôt une spécialité de la moitié nord du continent, voire de son grand Nord : Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la Pologne.

4. Quatrième enseignement: l’Europe de l’Est reste émergente.
Mais certains poids lourds européens d’aujourd’hui commencent à s’essouffler. L’Ile-de-France par exemple, dont le poids relatif a cessé de progresser. D’autres régions, en revanche, sont en pleine croissance. Et notamment la région de Varsovie et celle de Prague. Restent à savoir si elles sauront transformer l’essai et surtout, atteindre une excellence au-delà du niveau régional européen.

5. Cinquième enseignement: pour espérer concurrencer la Silicon Valley –elle-même défiée par la Silicon Alley new-yorkaise–, mais aussi les clusters israéliens, indiens ou chinois, l’Europe du logiciel a besoin d’impulsions.
Par exemple en mettant en oeuvre  d’un “small business act” européen», constate ainsi Bernard-Louis Roques. Un small business act par lequel une part des marchés publics serait réservée aux PME:
«les investissements en capital-risque représentent 164 dollars par an et par habitant en Israël, 92 aux Etats-Unis, et 7 seulement en Europe». Avec, pour résultat, le rachat de start-ups par des entreprises étrangères: même si cette industrie n’est pas capitalistique au sens de l’industrie lourde, elle nécessite de gros moyens, les temps de développement étant en général très longs.

article complet Les logiciels européens, simples satellites dans lorbite de la Silicon Valley | Slate.fr.

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