Les 8 questions géopolitiques qui vont rythmer 2014 ⎟ Les Echos

1- Peut-on être enfin optimiste pour l’Afrique ?

Malgré des infrastructures et une gouvernance encore médiocre, elle intéresse de plus en plus les investisseurs américains, européens et, surtout, chinois, au Kenya, au Nigeria, en Afrique du sud, au Maroc.

Les statistiques et les témoignages d’hommes d’affaires de Dakar à Conakry, de Nairobi à Lagos, révèlent une classe moyenne en plein essor, 150 millions de personnes aujourd’hui. Une classe fournissant son lot d’entrepreneurs et demandant des comptes à ses dirigeants.

2- Les Etats-Unis vont-ils se désintéresser du Moyen-Orient ?

Lors de la dernière assemblée générale des Nations Unies, le président américain a sérié ses priorités : un accord de paix israélo-palestinien, un accord sur le nucléaire iranien et une solution négociée pour sortir du conflit syrien. Barack Obama a décidé de choisir ses combats.

Le président a été élu pour sortir le pays des conflits armés et l’opinion publique ne veut plus d’intervention au sol. Grâce à sa nouvelle puissance énergétique, avec l’exploitation et bientôt l’exportation de gaz et de pétrole de schiste, les Etats-Unis ont gagné plus d’indépendance envers les pays du Golfe.

3- La Chine est-elle menacée d’implosion ?

Depuis que les réformes économiques sont en place, le régime de Pékin tente de préserver les contours d’une « société harmonieuse » mais reste confronté à ces deux risques avérés, les mouvements séparatistes et les déçus des réformes. La croissance moins dynamique que par le passé ravive les tensions sociales et avec elles les fractures à l’intérieur de la société.

4- L’Europe sera -t-elle gouvernable dans un an ?

Ca passe ou çà casse ! Après s’être serrés la ceinture pendant quatre ans, avoir perdu presque partout du pouvoir d’achat et souvent leur emploi, fait le gros dos en attendant que leurs gouvernements inconséquents mènent les réformes douloureuses qui s’imposent, les opinions publiques sont à bout. Elles attendent une reprise qui s’annonce, au mieux, faible et progressive. La zone euro n’est donc pas près de résorber le chômage qui atteint plus de 12% de la population active et près de 25% des jeunes de moins de 25 ans. Si la croissance ne revient pas, combien de temps encore les populations déçues et appauvries accepteront-elles de faire confiance à leurs gouvernements et à l’Union européenne accusée d’impuissance ?

D’autant qu’une ligne de fracture s’est clairement dessinée entre une Allemagne vertueuse, volontiers donneuse de leçons, encline à se replier sur elle -même et des pays du sud rincés par les politiques d’austérité et sans horizon. Les élections européennes vont inévitablement servir de défouloir à cette colère diffuse. Les analystes de Notre Europe évaluent à 25% le score attendu des partis euro-sceptiques aux élections européennes de mai. Jusqu’ici la vague populiste a été contenue dans les pays européens mais elle a néanmoins enflé en Grèce, en Italie, en Finlande, au Royaume Uni, aux Pays-Bas et en France. La crise a fragilisé les démocraties.Il suffirait d’un soulèvement populaire, ici, ou l’explosion d’un parti populiste, là, pour déstabiliser un pays et déclencher un tsunami qui ferait à nouveau trembler la zone euro. C. C.

5- La Russie est-elle encore une menace ?

Un pouvoir de nuisance périphérique et résiduel ». Le mot, cruel, de l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine, traduit bien combien la puissance, et donc la menace potentielle représentée par la Russie semble réduite désormais aux yeux de nombre d’observateurs occidentaux. Certes, la Russie est le principal producteur mondial d’hydrocarbures, un levier clé dans les affaires du monde, et toujours dotée du deuxième arsenal nucléaire de la planète. Elle bloque aussi régulièrement des résolutions clefs du Conseil de sécurité de l’ONU grâce à son droit de veto. Mais elle n’a aucun « soft power », pas d’alliés véritables, hormis l’Arménie et le Belarus, et semble dénuée de capacités de projections militaires.

Sa seule opération depuis sa défaite en Afghanistan a été l’invasion d’une Géorgie trente fois plus petite qu’elle en 2008. Si le Kremlin a empêché l’élaboration de toute solution politique en Syrie depuis 2011, il y a toutefois réussi un brillant coup de joueurs d’échecs en trouvant une porte de sortie à Barack Obama en septembre, et s’est montré également coopératif sur le dossier iranien. C’est en fait seulement dans son « étranger proche » ainsi qu’elle désigne ses voisins de l’ex-URSS, que la Russie effraye encore. Elle a bloqué des importations lituaniennes pour montrer son déplaisir devant l’activisme oriental de ce petit pays balte lors de sa présidence tournante de l’Union. Et ses menaces contre une Ukraine tentée par l’Europe ont amené le pouvoir de Kiev à résipiscence. Mais rien ne prouve que Vladimir Poutine veuille étendre les intérêts stratégiques de son pays bien au delà.Y. B.

6- Les Etats adopteront-ils une gouvernance de la cybersurveillance ?

Les révélations d’Edward Snowden sur l’étendue de la cybersurveillance des Etats-Unis ont provoqué une indignation générale. « Sans le respect de la vie privée, il n’y a pas de liberté de parole ou d’opinion, et donc pas de démocratie. Sans le respect de la souveraineté d’une nation, il n’y a pas de base pour des relations appropriées entre les pays », a dénoncé la Présidente du Brésil devant les Nations unies.

Les Etats sauront-ils développer une nouvelle gouvernance de la cybersurveillance ? Comment la définir quand les notions de liberté sont si différentes entre les pays ? Et si gouvernance il y a, ne faudrait-il pas la confier à une agence indépendante ? Une chose est sûre, la lutte contre le terrorisme ne suffit plus à justifier les écoutes sauvages auprès des opinions publiques. 

7- La réconciliation entre l’Iran et les Etats-Unis est-elle possible ?

L’Iran a six mois pour faire ses preuves. En échange d’une limitation du programme nucléaire iranien, les Etats-Unis et l’Europe se sont engagés à alléger prudemment les sanctions qui étranglent peu à peu l’économie iranienne, sans toucher à celles contre le pétrole.

8- L’islam politique est-il menacé de disparition dans la tourmente des printemps arabes ?

Destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet en Egypte par l’armée, Ennahda en difficulté en Tunisie, Erdogan et son Parti pour la justice et le développement (AKP) contestés en Turquie, 2013 a été une mauvaise année pour l’islam politique. Mais cela ne signifie pas que les mouvements islamistes disparaîtront de la vie politique. La lutte ancestrale entre laïcité et islamisme pour le pouvoir ne s’achèvera pas en 2014…

Article complet: Les 8 questions géopolitiques qui vont rythmer 2014, Actualités.

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