Innovation : les atouts du design thinking | Aurélie Marchal

Le design thinking est une méthodologie participative d’innovation ou de recherche de solutions très prometteuse. Elle est dérivée de la manière de concevoir des designers.

Le premier postulat porté par le design thinking, et le design en général, est la connaissance extrêmement approfondie de sa cible, en termes de besoins conscients et inconscients.

“Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, ils m’auraient dit un cheval plus rapide”, Ford.

Le designer s’efforce de comprendre l’humain dans ses usages et dans ses préférences pour être force de propositions innovantes. Il a pour mission d’organiser ses solutions autour des utilisateurs et non pas autour des systèmes.

Le designer s’efforce de se mettre à leur place pour voir les choses de leur point de vue, de penser à la manière dont les produits et services proposés s’intègrent à leur vie.

Cette analyse extrêmement empathique se traduit par des observations, souvent filmées pour en recueillir toute la richesse, et par la création de personnages fictifs, mais représentatifs. Ils sont nommés, on s’intéresse à leur histoire, on se questionne sur leurs désirs, leurs besoins, leurs motivations, leurs émotions. Il en résulte une compréhension plus fine des comportements et des besoins, conscients et inconscients, de la cible.

Le designer, à la recherche de sens et de pertinence, s’entoure des disciplines nécessaires à sa réflexion.

“Un problème bien posé est à demi résolu”, Albert Einstein.

Pour éviter le risque d’aller directement aux solutions, sans avoir pris suffisamment le temps de vérifier la pertinence de la problématique donnée par le client, le designer se donne pour mission de requestionner la question de départ et de la reformuler de manière pertinente par rapport aux besoins des futurs utilisateurs.

Le designer s’efforce alors d’aborder cette problématique de manière globale, systémique, en faisant appel à d’autres disciplines permettant d’approfondir différentes thématiques qu’elles soient liées au contexte économique, technique, sociétale ou humaine.

Par ailleurs, il convient de s’efforcer d’agir sur ce qui est possible, et non pas sur ce qui est certain.

Tout participant à un processus créatif doit faire appel à sa liberté de penser et à son imagination.

À l’affût des signaux faibles, ils ont aussi développé une certaine aptitude à percevoir et à anticiper des mutations sociétales, l’émergence de nouveaux comportements. Enfin, leur esprit critique est fortement constructif. Ils imaginent des solutions à valeur ajoutée humaine et sociétale, des futurs désirables et possibles.

Le designer se nourrit des contraintes

Le designer ne travaille pas seulement à partir de son désir – condition qui demeure nécessaire à tout travail créatif –, mais à partir du désir d’autrui.

Les trois critères indissociables qui conditionnent la validité d’une idée sont la faisabilité (qu’est-ce qui est fonctionnel et réalisable dans un avenir prévisible ?), la viabilité (qu’est-ce qui s’intègre dans un modèle économique durable ?) et la désirabilité (qu’est-ce qui correspond aux attentes de la population cible ?).

Le designer réfléchit par la mise en forme de sa pensée

Le designer a pour pratique de rendre tangible sa réflexion, par la réalisation de prototypes, afin d’approfondir, de manipuler et de tester la pertinence et l’articulation de ses idées.

Par ailleurs, et parce que les mots ne suffisent pas toujours pour se faire comprendre (on parle souvent par métaphore), la mise en forme d’un concept apporte aux différents acteurs d’un projet un support de discussion à la fois très simple d’appréhension et très riche en termes de volume et d’articulation de données.

La dernière force du design, et non la moindre, est son processus itératif de conception

On l’a vu, le prototypage permet de tester rapidement une idée. Le principe est “d’échouer vite pour réussir encore plus vite”, l’erreur est culturellement acceptée et même fortement encouragée. Elle amène souvent à une meilleure idée. Ce principe de valorisation de l’erreur est très puissant en termes de conception rapide de solutions pertinentes.

Le design est fondamentalement un processus exploratoire qui débouche invariablement sur des découvertes inattendues dignes d’être approfondies. Il arrive qu’un résultat incite l’équipe à revisiter certains postulats de départ. Dans la mesure où il est non directif, ouvert sur l’extérieur et itératif, le processus peut sembler chaotique, il n’en reste pas moins très structuré.

Et les résultats obtenus par un processus itératif sont beaucoup plus difficile à copier par la concurrence…

Aurélie Marchal

 

lire l’article intégral: Innovation : les atouts du design thinking | Le Cercle Les Echos.

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